Quatrième principe : s’échapper du temps linéaire

Oufs-d-Astro-allons-prendre-le-pouls-du-tempsCe n’est pas une mince affaire que de s’adapter à ce monde. Pour nous permettre de vivre dans un monde chaotique et énigmatique, nous avons élaboré des concepts qui sont devenus des vérités que nous vivons comme universelles, et cela dès notre plus jeune âge. Reconnaissons-le toutefois, ces constructions nous sont bien utiles d’un point de vue pragmatique. Prenez le concept de temps par exemple : il est quand-même bien utile, ne serait-ce que pour se fixer un rdv, sans cela, nous vivrions dans un monde où nous aurions des difficultés à nous retrouver au bon endroit au bon moment ! Mais pour l’homme occidental, le rapport au temps est devenu une vraie contrainte.

C’est une évidence que nous constatons jour après jour (encore ce fichu temps!), nous courons après le temps, avec à la main notre montre ou notre portable qui nous montrent le temps à tout instant. Notre relation au temps fait apparaître des éléments de compétition (gagner du temps, faire une course contre la montre), des rapports de force (lutter contre le temps), et de mise en conformité (arriver dans les temps, ne pas être en retard)… Le temps est un concept curieux : essayez d’en donner une définition, pas facile…il est insaisissable, invisible, et pourtant il nous semble omnipotent. Nous avons tellement intégré le temps dans notre quotidien que nous l’élevons au rang de personne, de divinité inquiétante, il est là, il rôde, grande horloge biologique et universelle qui nous rappelle notre début (notre naissance) et notre fin, inexorablement. Et comme si cela n’était pas assez clair, tous les jours qui passent répètent un cycle, avec début et fin, les 12 heures de l’horloge.

Pourtant, partons d’un constat simple : le temps n’existe pas vraiment ! Le passé et le futur sont des idées qui se réfèrent à des souvenirs et à des projets. Aucun des deux n’existe, puisque objectivement la seule réalité qui soit est celle qui a lieu maintenant, au moment où vous lisez ces lignes. Le reste est une pure projection de l’esprit. Et la physique quantique nous a appris que le concept même de temps n’est pas absolu puisqu’il ne passe pas de la même manière pour tout le monde. Plus vite vous irez, moins vite vous vieillirez, relativement bien sûr. On peut donc vraiment relativiser notre relation au temps, et pour vivre mieux, on doit relativiser, au risque d’une vie d’épuisement dans une course perdue d’avance.

Ma proposition ici c’est de vivre le temps différemment, et d’y ajouter une dimension. Les Grecs utilisaient pour définir le temps plusieurs concepts : le temps linéaire ou temps physique, était Chronos, et le temps de l’opportunité, Kairos. Kairos est une divinité grecque, et une dimension du temps créant de la profondeur dans l’instant, c’est le temps de l’occasion opportune. En tant que dieu, Kairos était représenté comme un jeune homme qui ne porte qu’une touffe de cheveux. Pour l’illustrer, imaginons un exemple trouvé sur internet. Kairos passe à notre proximité…il y a alors trois possibilités : soit on ne le voit pas ; soit on le voit et on ne fait rien ; dernier choix, au moment où il passe, on tend la main pour saisir sa touffe de cheveux et on saisit ainsi l’opportunité. Il y a à ce moment précis un alignement qui a lieu entre le temps, l’espace et notre soi intime. Alors que Chronos voudrait que nous agissions linéairement et rapidement comme dans une course, Kairos nous propose de choisir l’action opportune. Ce moment peut arriver tôt, il peut également arriver plus tard.

Essayons de réconcilier Chronos et Kairos en ne choisissant pas entre les deux notions, et vivons une vie à plusieurs dimensions. Vous me direz peut-être, ok maintenant dans la vie quotidienne, comment cela se traduit-il ? Au quotidien, je vous invite à garder un lien avec la réalité humaine et son temps linéaire, tout en vivant plus lentement, dans l’ordre des choses : il n’y a pas d’urgence, c’est en étant attentif au moment présent que nous pourrons saisir l’opportunité qui se présentera. Et j’ai lu quelque part que celle ou celui qui comprendra ainsi la globalité du temps n’aura plus aucune peur en ce monde.

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