Préparer le départ de votre entreprise pour favoriser votre recherche d’emploi

J’assistais il y a quelques jours à une conférence sur les  « petits deuils » en entreprise. Le psychologue qui présentait la conférence nous rappelait très justement que tout changement implique nécessairement un deuil, et j’ai fait un rapprochement sur la transition de carrière, je me suis souvenu à quel point les personnes en transition sont confrontées au changement de manière abrupte et violente.

Plus que le deuil, c’est la succession des deuils qui est difficile à gérer, qu’ils impliquent des pertes de personnes (dirigeants, collaborateurs) ou de choses (fusions, lignes de produits, projets, poste…), et souvent les personnes confrontées à une perte d’emploi ont eu affaire à des deuils successifs qui les ont minées. Des deuils non-réalisés empêchent souvent de se projeter dans l’avenir, et de préparer un projet professionnel. A l’inverse, plus le deuil sera accompagné, plus la personne pourra se projeter dans l’avenir et retrouver un emploi rapidement.

Je souhaite partager ici quelques principes qui m’ont aidé à accompagner efficacement des personnes qui sont en passe de quitter leur emploi et ainsi à préparer un terrain propice à la recherche d’un nouvel emploi.

Tout d’abord, il est important d’anticiper la séparation, bien sûr cela n’est pas toujours possible, mais le fait d’anticiper et de se préparer à la suite, permet de moins « subir » la séparation. Plus elle est vécue comme subie, plus les freins seront forts pour la suite. Anticiper implique de sortir la tête du sable, de commencer à se renseigner sur la suite à donner, de rencontrer des personnes qui seront susceptibles de vous aider.

Il est important également d’organiser un rituel de départ, ceux-ci sont de plus en plus négligés dans les entreprises, ils sont pourtant fondamentaux pour le « passage » à la suite. Peu importent les circonstances, organisez un pot de départ ou un repas avec vos collègues, et même si cela n’est pas votre tassé de thé, sachez qu’un petit discours est toujours apprécié.

Dans un processus de départ, il existe souvent des non-dits : lorsque votre départ est subi il est indispensable que vous demandiez des explications et les raisons claires à votre employeur, même si cela peut être douloureux à entendre. Un esprit qui sait sera peut-être blessé mais dormira plus apaisé et guérira plus vite.

Lors d’une séparation, votre employeur vous demande souvent de garder « secret » votre départ le plus longtemps possible, ou vous-même pouvez décider de ne pas en parler autour de vous. Au contraire, sauf si cela fait expressément partie de votre contrat de départ, parlez de votre départ à votre entourage, une bonne fois pour toutes je souhaiterais même ajouter. Vous ne devez pas vivre votre départ comme une honte, au contraire c’est une opportunité personnelle pour rebondir, et votre entourage sera plus susceptible de vous aider s’il constate que vous le vivez comme tel.

Enfin, lors des départs subis ou vécus comme tels, la victimisation favorise la complaisance dans le deuil, et elle bloque la capacité à se projeter dans l’avenir. En vouloir au monde ne vous aidera pas à repartir et à construire un projet professionnel pertinent. Une de mes clientes licenciées me répétait à chacun de nos entretiens à quel point son employeur précédent, et les entreprises en général, étaient cyniques et sans considération pour les personnes, elle n’avançait pas dans son projet : un jour je l’ai invitée à arrêter de me voir tant qu’elle souhaitait ressasser les mêmes histoires. Nous sommes repartis sur de nouvelles bases, et nous avons pu ainsi nous concentrer sur son nouveau projet professionnel plus sereinement. La prise de responsabilité au plus tôt est essentielle dans la recherche d’emploi, quels que soit le contexte et les circonstances.

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