Et boum ! pendant l’entretien, la question piège…

Pendant l’entretien, c’est le moment qui effraie tous les candidats, celui où le recruteur vous pose la question qui tue, celle qui vous fait perdre vos moyens, votre esprit tout à coup se vide et où vous avez l’impression que l’entretien bascule et tout est en train de se jouer. Je préfère l’appeler question-choc plutôt que question-piège car elle fait bien souvent monter l’adrénaline. Certains recruteurs sont devenus experts en la matière, ils considèrent que c’est le seul moyen de savoir ce que le candidat en a dans les entrailles, et d’autres prennent même un malin plaisir à déstabiliser le candidat. Je vous propose ici quelques techniques pour mieux y faire face.

Tout d’abord bien sûr, soyez préparé au maximum de questions, « révisez-les » avant l’entretien, même si le propre de ce type de questions c’est justement qu’elles sont inattendues. Ce qui est important dans la gestion des questions choc, c’est d’éviter la panique. C’est la panique, plus que la difficulté de la question elle-même, qui fait que bien souvent l’esprit se vide et rien ne sort. On devient rouge, on transpire, on meuble avec des éléments de langage, l’esprit ne se met pas au travail, il reste focalisé sur le fait qu’il s’agit d’une question déstabilisante, « ça y est je suis foutu », « le salaud, il m’a bien eu », « l’entretien est en train de se jouer là » etc. Ces questions-choc font partie des entretiens, acceptez-le.

Gardez votre sang froid à tout moment, attendez-vous à ce type de questions de la première poignée de main jusqu’à la poignée de main finale, et dites-vous que les meilleurs pourvoyeurs de questions déstabilisantes sont souvent les recruteurs qui vous mettent le plus à l’aise…Avant tout entretien, dites-vous qu’il y a de grandes chances qu’une question surprenante sorte du chapeau de la personne qui se trouve en face de vous. Certains recruteurs aiment entrer dans le vif du sujet en posant d’emblée une question difficile, c’est encore plus déstabilisant. Florilège des grands classiques : dites-moi, pourquoi faites-vous ce travail ? Dans votre métier à quoi faites-vous attention en premier lieu ? Quelle est selon vous la plus grande qualité d’un directeur marketing ? Lorsque vous rencontrez un client, qu’est-ce qui est le plus important ?…

La clé dans ce genre d’exercice, c’est de donner toute sa place au silence. Vous avez le droit de prendre votre temps, et de ne pas vous laisser déstabiliser par votre propre impatience. Un moment de blanc n’est absolument pas éliminatoire, contrairement à une ineptie qui pourrait l’être. Un recruteur qui obtient une réponse réfléchie à sa question au bout de 20 secondes sera plus satisfait que s’il obtient des balbutiements et une réponse creuse au bout de 3 secondes. Vous pouvez même ajouter, tout en gardant le sourire « pouvez-vous m’accorder quelques instants de réflexion svp ? », vous donnerez l’impression d’être quelqu’un de posé qui ne se laisse pas bousculer si facilement.

Remarquez également que plus la question est floue, plus la question déstabilise. Une excellente technique consiste donc à demander à la personne de préciser ses pensées ou ses attentes – sauf si la question est déjà on ne peut plus précise et claire. Par exemple, sur la question « lorsque vous rencontrez un client, qu’est-ce qui est le plus important ? » il me semble qu’il y a matière à demander précision. Tout en veillant à ne pas entrer dans un échange conflictuel, vous reprenez le contrôle en posant une question.

Si la question vous parait saugrenue, vraiment hors-sujet, dites-le. Dites-vous également qu’en usant de l’humour, tout peut passer.  Enfin, si vraiment vous n’avez pas de réponse, dites que vous n’avez pas de réponse, votre honnêteté sera toujours plus appréciée que votre acharnement à placer une mauvaise réponse.

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