Dis-moi, c’est quoi être heureux ?

happy_1815594cParfois je me réveille avec bonheur, parfois sans…pas si facile que cela de dire à quoi cela tient. Récemment, du fait de ma situation personnelle et professionnelle, j’ai eu des hauts et des bas, heureusement plus de hauts que de bas ces derniers temps. Un jour où je me sentais particulièrement heureux, j’ai me suis mis à décortiquer mon sentiment.

Qu’est-ce qui fait que je me sens heureux aujourd’hui? Je me suis rappelé une session de supervision où Olga, ma superviseuse de coaching italienne, nous avait parlé de son mentor Carlo Moiso. Pour lui, le psychothérapeute, le bonheur consistait en plusieurs éléments, dont ce qu’il appelait la sérénité. Ça m’a parlé de suite. Ce jour-là j’étais serein, en sécurité matérielle, je venais de vendre mon appartement et j’avais appris que l’acheteuse me proposait de rester locataire de mon appartement, une chance incroyable! Je dormais mal depuis plusieurs semaines, en boucle je ressassais mes journées, je n’arrivais plus à prendre de décision, et le fait de ne pas choisir et de naviguer à vue affectait clairement mon état d’esprit. Mais ce jour-là je me sentais stable et en sécurité.

Par ailleurs, je venais de sortir d’une séance de coaching, et je me sentais satisfait, j’avais aidé ma cliente, ce qu’elle m’a confirmé par email un peu plus tard dans la journée. Je me sentais donc utile et compétent, la banane quoi ! Je me suis dit que se sentir incompétent influence très certainement notre estime de soi, qui elle-même influence notre capacité à être heureux. Je le verifie en coaching très souvent. Je me dis souvent que les gens qui ne s’aiment pas sont malheureux, et vice-versa. Au fond, l’estime de soi c’est répondre à la question : est-ce que je m’aime ? Je peux avoir une vision en pleine conscience de moi-même ou avoir une vision déformée. Est-ce que je m’accepte comme je suis avec mes travers et mes zones d’ombre, ou est-ce que je voudrais être quelqu’un d’autre, ou pire, est-ce que je voudrais mourir?

J’ai continué mon exploration introspective de mon bonheur de la journée. Bien sûr, j’avais des pistes, glanées ci et là dans mes cours de psychothérapie, ma pratique de coach et mes séances de supervision. La joie doit être partagée pour être joie. Je me souviens le jour où j’ai appris que je pouvais rester dans mon appartement, ma joie n’a pas explosé de suite, j’ai ressenti le besoin d’appeler mes amis et ma famille pour leur dire, et là j’ai vraiment ressenti une grande joie. Autrement dit, mon bonheur est proportionnel à la qualité des relations que j’entretiens avec les autres. Tout est lié bien sûr : si je ne m’aime pas, je suis sur mes gardes par rapport aux autres, j’ai des relations tendues avec les autres, je n’ose pas tisser des liens, je me cache, et je ne peux ni ne veux partager ma joie. Donc je suis plus malheureux. Le contact humain a même été décrit comme un besoin fondamental au même titre que les besoins physiologiques, manger, boire ou dormir.

Pour être heureux, il faut aussi du sens. Est-ce que ce que je fais maintenant a un sens, est-ce que je trouve un sens à ma vie ? En me projetant dans les prochaines minutes, années ou décennies. Est-ce que je serais fier de ce que je fais, de ce que je suis, si j’approchais de la mort? Donner un sens à ce que l’on fait, mais également à ce qui nous arrive, bon ou mauvais, permet de déplacer des montagnes. Un grand psychiatre, Victor Frankl, en a même fait une spécialité, la logo-thérapie. Depuis que j’ai lui ses écrits, je m’efforce de donner sens à ce qu’il m’arrive, positif ou négatif, et c’est une discipline de tous les jours! Mais cela aide à faire face aux difficultés.

Enfin,  je viens de finir de lire Le jardin d’Epicure, regarder le soleil en face d’Irvin Yalom, qui traite du sujet de la mort, et je me suis dit que c’était un sujet tellement fondamental – Yalom le pose comme une des 5 questions existentielles – qu’il doit sûrement influencer notre capacité à être heureux. Quel est mon rapport à la mort ? est-elle autour de moi (décès récent, à venir, maladie, vieillissement…), et si oui, comment l’ai-je intégrée à ma vie ? Est-ce que je peux la regarder en face (comme l’invite le titre du livre) ou au contraire est-ce qu’elle me fait peur? Plus j’accepte la mort, et plus j’ai de place en moi pour profiter de l’instant présent…

Il y a certainement d’autres éléments. N’hésitez pas à partager ! C’est tout pour aujourd’hui.

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