Comme l’eau sur les plumes d’un canard

canard-tadorne-de-belon-etang-waterloo-cpf-14311-1024x744Après mon post sur la loi de l’attraction et de la répulsion, je continue sur ma lancée. Accueillir la vie – dire un grand oui à la vie comme le dit Frédéric Lenoir – avec ses bons côtés et également ses mauvais côtés, voilà une des clés fondamentales du bonheur et de l’apaisement. C’est la résistance qui nous fatigue tous les jours. N’avez-vous pas remarqué comme, lorsque tout va mal, tout va vraiment mal et plutôt deux fois qu’une ? Quelque part  la vie s’acharne à nous montrer à quel point la résistance est futile. Quel épuisement que se battre tous les jours contre les événements, contre les personnes, contre la vie…c’est un combat qui est bien sûr perdu d’avance et qui peut parfois se solder par des conclusions dramatiques. Et pourtant, lorsqu’on regarde autour de nous, on voit des personnes épuisées. Pétries de la croyance que « la vie est dure », elles résistent jour après jour, elles essaient de contrôler les événements et les éléments, et rejettent ce qui leur déplaît ou ce qu’elles ne peuvent pas contrôler.

Aujourd’hui, je prenais le métro et j’arrive devant le grand tapis roulant de la station des Halles, je commence à marcher dessus et je me rends compte qu’il ne marche pas. Mon réflexe fut immédiat, mon sang n’a fait qu’un : en l’espace d’une seconde mon esprit s’est rempli de pensées négatives (contre la RATP, contre le fabricant du tapis, contre les gens qui m’empêchaient de rebrousser chemin, contre  le décorateur du métro parisien, et je ne sais quoi encore…) et je bouillais intérieurement. Puis, d’un coup, j’ai pris conscience du fait que cet événement désagréable n’était pas dirigé contre moi, que personne ne m’en voulait, que simplement c’était. Tout s’est calmé, et j’ai retrouvé mon calme et ma sérénité en quelques secondes, puis cet événement m’a paru vraiment insignifiant. Que s’est-il passé ? Je me suis de nouveau ajusté avec ce qui est – on peut l’appeler l’ordre des choses – et je me suis apaisé.

Nous sommes confrontés au quotidien, à plus ou moins grande intensité, aux centaines de petites tracas qui nous « tombent dessus » et qui occupent notre pensée. Cette pensée est focalisée à pester contre les événements, à les regretter, à tenter de résoudre ce qu’elle voit comme des problèmes, et à faire que ce qui est déplaisant lui devienne plaisant. Petite astuce, c’est notre capacité à nous observer nous-mêmes qui nous permet d’ajuster cette pensée. Appelons cela l’observateur, c’est cette instance en nous – notre meilleur ami – qui se positionne au-dessus de nous avec un regard bienveillant et qui regarde ce qui se passe, nos comportements et nos pensées automatiques. Attention, cette instance ne juge pas, elle constate ! Elle nous dit « mes pensées ne sont pas ajustées », et elle nous aide à les aligner. Quand une colère monte en notre intérieur, sans raison réellement légitime (comme le tapis roulant en panne, mais également lorsque quelqu’un m’écrase le pied par inadvertance, lorsque le bus n’arrive pas…), c’est le moment de mobiliser notre observateur afin qu’il détermine si cette colère intérieure est légitime ou non. Dans la plupart des cas, l’observateur vous fera réaliser que non, et l’apaisement sera immédiat. Vous serez dans l’accueil inconditionnel de la vie et de l’ordre des choses. Et les événements et tracas quotidiens commenceront à glisser sur vous, comme l’eau sur les plumes d’un canard.

PS: je dois à une amie, avec laquelle je partage depuis près de trois ans une formation qui m’a changé, l’expression « comme l’eau sur les plumes d’un canard » que je trouve très jolie et très parlante.