Arrêter de se raconter des histoires

Une amie a partagé avec moi une vidéo intéressante, à contre-courant des fadaises qu’on peut entendre sur les blessures intérieures (dont celles que je raconte moi-même, ici). Il n’y a donc selon l’intervenante, Armelle, pas de blessure à guérir. Il n’y a que des histoires qu’on se raconte jour après jour. Un rôle que nous jouons, et que nous continuons à jouer quand nous prétendons vouloir soigner l’enfant intérieur blessé. « Il n’y a rien à guérir, il n’y a rien qui ne va pas chez toi, stop » Ce qui nous touche, comme le dit le patient de la vidéo, c’est la force et la radicalité de la proposition, car elle nous amène à voir les choses différemment. Et s’il n’y avait rien à guérir ? S’il n’y avait rien de cassé ? Si la maladie mentale n’existait pas. Si nous laissions filer la certitude que d’une certaine manière nous sommes malades, ou fous. Non, nous ne sommes pas malades, non nous ne sommes pas fous. Non nous ne sommes pas dans une prison : en fait on est tellement libre, qu’on est libre de se faire croire qu’on est dans une prison. Assez, laissons partir la souffrance ! Alors, même si ça ne nous fait pas plaisir de l’entendre et si ça remet nos certitudes en question, si on se disait que la souffrance est un choix? A suivre, sur le même sujet : voir histoires de stress !...

L’esprit du temps

Il est des périodes qui nous interpellent plus particulièrement, qui nous indignent parfois, qui font ressortir chez nous les instincts les plus primaires ou les plus violents. Des périodes où l’on se sent déprimé, où l’on pense que, décidément, le monde ne va pas dans la bonne direction, que c’était tellement mieux avant, que la coupe est pleine, qu’il faut agir sans plus tarder. Des époques où notre état d’esprit nous amènerait à tout bousculer violemment, à casser un ordre établi, quel qu’il soit.

L’enfant intérieur blessé que nous hébergeons en nous

Avez-vous remarqué qu’on retrouve des profils types parmi collègues, amis, famille ? Celui qui aime se faire plaindre, celui qui manipule, celui qui est passif, celui qui voit les choses négativement, celui qui pense qu’il y a une solution à tout… Comment s’est constituée notre personnalité, pourquoi avons-nous des conduites répétitives, « bonnes » ou « mauvaises », une fois adulte dans notre vie de tous les jours ? En fait, en grande partie, notre personnalité (du latin persona : le masque) s’est constituée sur nos expériences d’enfance, les milliers d’événements qui ont jalonné notre petite enfance principalement, qui ont façonné notre manière de voir les choses et d’y répondre. Pas facile de faire face à un environnement qui a menacé dès notre naissance le bien-être dans lequel nous baignions dans le ventre maternelle, époque qu’on compare souvent à un monde océanique, car aquatique et rassurant. Alors, survinrent des expériences désagréables comme la faim, la peur, la séparation, l’éloignement, le manque d’affection, la disparition, etc.  Ces expériences ont fait naître en nous des blessures de rejet, d’abandon, de non-reconnaissance, de maltraitance, d’injustice…Certaines persistent et notre cerveau reptilien (le plus ancien, celui qui guide nos comportement de survie) les a enregistrées au point que chacune de nos expériences quotidiennes passe par le filtre de ces blessures. Jung a appelé la somme de toutes ces expériences infantiles, bonnes et mauvaises, l’enfant intérieur. Cet enfant, symbole inconscient et collectif que nous avons tous en nous, est constitué de deux parties : une partie heureuse et positive, et une partie plus sombre, que Jung a appelée l’ombre, je l’appelle pour ma part l’enfant intérieur blessé. Il est la somme de nos blessures infantiles, et nous l’avons tous en nous. On retrouve régulièrement les mêmes représentations de cet...

Second principe : vivre sans objectif

On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va. Christophe Colomb (il y a fort longtemps). Je vais aller contre une idée reçue ou une croyance, appelez-la comme vous voulez, je l’appelle pour ma part une illusion. Elle est socialement inattaquable, autrement dit, vous passerez pour un fou si vous avez le malheur de la remettre en question. Elle nous enseigne que “dans la vie, il faut se donner et viser un objectif”. Très tôt, ne demande-t-on pas au petit enfant “qu’est-ce que tu veux faire plus tard” ? A l’ado de 15 ans, ne dit-on pas “c’est important de savoir ce qu’on veut faire dans la vie” ?  Aux adultes en peine, ne conseille-t-on pas de “se fixer des objectifs de vie” ? Naturellement, l’enfant, lui, vit dans le présent et ne se soucie guère de projets ou objectifs de vie, mais très vite on lui impose de se projeter dans l’avenir. On me répondra peut-être, mais il faut bien qu’ils puissent gagner leur vie ces jeunots, regardez tous ceux qui sont perdus dans des filières sans avenir ! Mais ils sont surtout perdus car on leur rappelle constamment que sans objectif de vie déterminé, ils iront droit dans le mur. Alors, au-delà des soi-disant considérations pratico-pratiques et d’efficacité du monde, pourquoi sommes-nous tellement accrochés à cette obligation de définir un objectif ? Je vais peut-être vous surprendre, mais parlons de l’angoisse de mort, et ne croyez pas que j’ai une quelconque obsession pour la morbidité. Simplement, chez l’homme l’angoisse de mort est une préoccupation de tous les instants, la problématique existentielle par défaut selon Irvin...

Premier principe : ne sois pas ce que tu fais

Une chose que j’ai comprise récemment, c’est que pour choisir sa vie, il faut avant toute chose sortir des illusions dans lesquelles nous sommes bercés. Faire le choix de la pilule rouge, si cela vous parle. Et pour ce faire, il faut d’abord convenir du fait que nous nageons dans des illusions. C’est peut-être le plus dur, un chemin personnel de conscience, et ça prend du temps. Vous êtes prêts à lever le voile ? Bien, commençons par une des plus grandes illusions qui soient, celle relative à notre identité. Nous sommes enfermés depuis notre plus tendre enfance dans l’illusion des rôles sociaux que nous devons jouer dans ce monde. Notre société occidentale ne conçoit pas qu’on puisse exister, “être” tout simplement. Il nous faut faire pour être. Ainsi, nous sommes étiquetés comme des objets, et très vite, de ces fonctions et de ces rôles sociaux dépend notre identité sociale. La pratique est tellement ancrée qu’elle nous est complètement naturelle, le système est tellement bien rodé que nous n’y voyons que du feu, et adulte il devient extraordinairement difficile de nous qualifier, de nous imaginer, par autre chose que par notre fonction et par un rôle. Le hic, c’est que nous avons tendance à faire de ces rôles notre territoire et nos lunettes. Prenons quelques exemples : je peux “être” gendarme, banquier, serveur, infirmier, coach, médecin, ou conducteur de taxi. Bien, c’est parfait, il en faut. Alors pourquoi est-ce une grande illusion que s’identifier à une de ces fonctions ? Parce que ce sont là des rôles que nous jouons, à certains moments de notre vie, et qui doivent être vus...