La diversité suscite la créativité

Qu’est-ce qui fait qu’un groupe, qu’une organisation, qu’une entreprise, qu’un pays, gagnent, qu’ils innovent ? La réponse nous est encore largement inconnue, mais un des facteurs primordiaux, c’est la diversité. Dans les séminaires de créativité auxquels j’ai eu la chance de participer, on parle du facteur que j’appelle “1+1=3″ : le tout est différent de la somme de ses parties. Autrement dit, l’échange entre plusieurs cerveaux créatifs permet de créer quelque chose de plus fort que la simple addition de leurs idées. Les rebonds entre ces “cerveaux” permettent l’émergence de quelque chose de neuf. Et surtout, plus ces cerveaux et leurs idées sont divers, donc différents, plus la chance est élevée d’atteindre quelque chose d’original. Plus une équipe possède en son sein des modes de pensée et fonctionnement différents, qu’on peut aussi appeler “cultures”, et plus le groupe est créatif. La créativité naît de la diversité et de l’hétérogénéité. D’où l’intérêt, à toutes les échelles (groupes, entreprises, pays, etc.) de favoriser la diversité. A l’inverse, les groupes homogènes permettent de fonctionner de manière efficace en mode “fonctionnel”, ils mettent en oeuvre un fonctionnement répétitif parfaitement efficace, mais ils ne créent rien de nouveau. Au contraire, les équipes hétérogènes ont plus de mal, du fait de leurs différences, à fonctionner dans un mode routinier. Les “anomalies” sont vecteurs de changement par la pression, souvent vécue comme négative au prime abord, qu’elles exercent sur l’organisation à laquelle elle appartiennent. Celle-ci peut dès lors tenter de les éjecter hors du système : hétérogénéité et hétérodoxie sont vues comme menaçantes car déstabilisantes et vecteurs de changement, c’est à dire de destruction potentielle du modèle auquel on s’était habitué et qui sécurisait. C’est le rôle du chef d’équipe de s’assurer que celle-ci maintient en son sein ces anomalies...

De la compétition individuelle à la coopération créative

Parmi les nombreuses définitions de l’intelligence, l’une me convient bien: c’est la capacité à s’adapter à une situation nouvelle, autrement dit à s’adapter au changement. Comme je l’ai déjà évoqué précédemment dans “la chenille et la papillon”, le monde est changement, et la position la plus efficace face au changement, c’est de réaliser la synthèse des éléments existants, les cellules de la chenille, avec des éléments novateurs, les cellules du papillon. Cette alchimie se réalise par l’action collective, la coopération. C’est donc une évidence, on est plus intelligents à plusieurs que seul. En fait je pousse plus loin même : l’intelligence dans les organisations n’existe qu’en collectif. Dans un monde inter-connecté, complexe et organisé en systèmes, l’intelligence d’un individu isolé présente une possibilité d’évolution très limitée. On dit souvent que la qualité première d’un responsable c’est de savoir bien s’entourer, je pense que c’est vrai. Qu’auraient réalisé les “grands hommes” de notre histoire, les chefs d’entreprises visionnaires, s’ils avaient été seuls ? Vraisemblablement pas grand-chose. Soyons intelligents, oui, mais à plusieurs. Tout d’abord, de la créativité naquit l’intelligence L’intelligence dans une organisation, la capacité à surmonter des changements, passe par la créativité, quelle que soit la fonction de l’équipe, cela veut dire créativité également pour les équipes non créatives. La créativité nécessite la mise en place de conditions qui l’autorisent et la favorisent. Ces conditions permettent d’abolir le cadre habituel le plus possible, et forment le terreau de la créativité, de l’intelligence, et finalement du changement. Le rôle du manager-coach est de mettre en place les conditions de cette réalisation pour permettre de sortir régulièrement du cadre, en collectif, par...

Comment rendre une équipe heureuse et efficace ?

Les premiers jours d’un manager, la période de prise de fonctions, sont déterminants pour la suite du fonctionnement d’une équipe. Je vous donne ici ma liste non exhaustive, inspirée entre autre par la théorie organisationnelle d’Eric Berne, des éléments qui me semblent indispensables à la constitution d’une équipe efficace et heureuse. La dimension spatiale Pas évidente pour beaucoup, c’est le premier sujet à traiter. Comment est organisée mon équipe dans l’espace ? Concrètement, cela veut dire par exemple, les personnes sont-elles proches les unes des autres, y a-t-il des membres qui sont isolés, l’équipe se trouve-t-elle au milieu d’un passage, au contraire est-elle complètement mise de côté…de manière analogique, tous ces éléments sont à prendre en compte et en disent souvent beaucoup sur l’équipe, sa structure, et sa place dans l’entreprise. Par la suite, très simplement, le manager peut commencer son travail sur le fonctionnement de l’équipe en agissant sur son positionnement dans l’espace. La dimension structurelle Je parle ici des frontières abstraites entre les personnes, des limites, de missions des uns et des autres, des positions des uns vis-à-vis des autres, de l’organigramme. Cette dimension structurelle doit être clarifiée pour inspirer un sentiment de sérénité dans le groupe, autrement dit les rôles des membres doivent être clairement identifiés, leurs responsabilités également (d’où la nécessité absolue d’un organigramme) mais également les responsabilités de l’équipe au sein de l’entreprise. Jusqu’où s’étendent-elles ? Quelles en sont les frontières ? Qui en est le garant ? La dynamique des forces Ce sont les forces en présences qui pourraient menacer la survie de l’équipe : quelles sont-elles, qui impliquent-elles ? Ce sont des forces ou contraintes qui peuvent être...

Apprendre à bien s’ennuyer…au travail comme dans la vie

Décidément en ce moment Thierry Janssen m’inspire. Je viens de tomber sur un article qu’il a écrit dans Psychologie Magazine, où il fait « l’éloge de l’ennui ». Un vrai paradoxe dans notre société hyperactive, où c’est l’action qui est valorisée, où il faut faire pour exister. C’est un sujet qui me semble central tant il touche à notre quotidien, personnel autant que professionnel. Combien de fois s’ennuie-t-on par jour, et pendant combien de temps ? Je n’ai pas trouvé d’étude… mais si possible le moins de temps possible, car dans nos sociétés occidentales l’ennui est considéré comme un mal, une pathologie même. La lutte contre l’ennui n’est pas nouvelle, Louis-Philippe de Ségur disait en 1823 « L’ennui est le mal contre lequel on cherche le plus de médecins et de remèdes », et Beaumarchais dans le Barbier de Séville disait que « l’ennui n’engraisse que les sots ». Pas étonnant que nous ayons été bercés dans cette philosophie. Pour oublier l’ennui, il existe d’abord des stratégies traditionnelles, telle que le bon vieux somme au milieu de la journée… Les outils modernes exacerbent aussi cette lutte permanente, qu’ils s’appellent la télévision, les jeux vidéo, internet, ou le téléphone portable, leur usage est compulsif – suffit d’observer les ennuyés du métro – ils nous deviennent indispensables pour « tromper » l’ennui, comme on trompe un ennemi : en fait cette promiscuité avec l’ennui semble nous faire peur, peut-être l’ennui nous rapproche-t-il du néant, de la mort. La société productiviste nous a éduqués à penser qu’un « bon être humain » est un être humain qui produit, et cette production doit être rentable selon ces mêmes canons occidentaux, elle doit être mesurable. On se...

Tout organiser avec des arbres…le mind mapping

Je vais vous confier aujourd’hui un secret de coach (plus ou moins) bien gardé : ce secret s’appelle les cartes heuristiques (du grec eurisko, je trouve). Le nom français a une consonance barbare à l’oreille, et le terme anglais est bien plus joli à utiliser, le mind mapping. On utilise également les termes, peut-être plus proches du terme d’origine, de schéma de pensée ou carte mentale. Logique et créativité Le mind mapping est un outil utilisable et utilisé par quiconque souhaite mettre de l’ordre dans ses idées, ses projets, ses réunions, ses prises de notes : c’est un outil puissant et simple qui permet de voir plus clairement un problème complexe, tout en libérant ses capacités créatives. C’est pour moi un incontournable de la boite à outils de coach, un couteau suisse formidable que l’on peut utiliser dans l’entreprise, par exemple pour la rationalisation de projets, la préparation de réunions ou la prise de notes, ou pour la définition de projet professionnel ou la recherche d’emploi. Une image vaut mille mots Beaucoup parmi vous n’apprendront rien si je leur dis que le cerveau humain reçoit les informations principalement par le canal visuel, comme montré par de nombreuses études dans les années 70, et le mind mapping est issu de ces études. Le concept, formalisé par un psychologue anglais Tony Buzan, permet de suivre visuellement le cheminement associatif de la pensée. C’est un schéma, un dessin, qui permet de mettre en lumière les liens qui existent entre un concept ou une idée, et les informations qui leur sont associées. Un mind map se caractérise par : Le sujet ou thème du mind map qui...